Pourquoi les freelances cherchent à fuir la compta
Si vous êtes freelance, vous connaissez sûrement ce scénario : un tableur Excel bancal, des reçus PDF éparpillés dans votre boîte mail, un fichier de notes de frais qui traîne depuis 6 mois et, en toile de fond, la peur de rater une échéance fiscale.
La comptabilité est rarement le cœur de métier d’un indépendant. Pourtant, c’est ce qui sécurise votre activité : déclarations à jour, trésorerie lisible, charges anticipées. D’où le succès des outils comme Indy, qui promettent de « faire la compta à votre place » et de transformer un casse-tête administratif en quelques clics simplifiés.
Mais qu’est-ce que l’outil fait vraiment ? Jusqu’où il simplifie la vie des freelances, et où s’arrêtent ses capacités ? C’est ce qu’on va regarder de près, en mode terrain, avec ses forces, mais aussi ses angles morts.
Indy en bref : un logiciel pensé pour les indépendants allergiques à la compta
Indy est un logiciel de comptabilité en ligne, pensé au départ pour les professions libérales en BNC, puis élargi aux freelances en micro-entreprise, EURL, SASU, etc. Son positionnement est clair : automatiser un maximum de tâches comptables pour les indépendants, sans passer par un cabinet comptable classique.
Concrètement, l’outil se connecte à votre banque, récupère vos transactions, les catégorise, et vous aide à générer vos déclarations fiscales et comptables (livres de recettes, liasse fiscale, TVA, etc.) en suivant les bonnes règles selon votre statut.
Son angle d’attaque : réduire au minimum le temps passé sur la compta, tout en restant conforme aux exigences de l’administration française.
Les atouts d’Indy pour un freelance qui veut gagner du temps
Pour comprendre où Indy est pertinent, il faut rentrer dans l’opérationnel. Voici les points qui, sur le terrain, font vraiment la différence dans une activité freelance.
Une prise en main rapide, même sans culture comptable
La principale barrière pour un freelance, ce n’est pas la complexité des règles fiscales en soi, c’est leur jargon. Indy mise donc sur un onboarding guidé et un vocabulaire plus simple.
Lors de la configuration initiale :
- Vous choisissez votre statut (micro, BNC, BIC, société type EURL/SASU, etc.).
- Vous indiquez votre régime fiscal (réel, micro, TVA ou non…).
- Vous connectez vos comptes bancaires professionnels en quelques clics (via un agrégateur sécurisé).
L’outil adapte ensuite l’interface et les obligations présentées à votre situation. Vous n’avez pas besoin de connaître la différence entre 2035, 2042-C PRO ou 2065 pour comprendre ce qui va sortir.
Automatisation bancaire : le vrai gain de temps au quotidien
C’est là qu’Indy commence réellement à faire gagner des heures aux freelances.
Une fois vos comptes bancaires connectés :
- Les opérations remontent automatiquement (flux bancaires synchronisés).
- Indy tente de catégoriser chaque mouvement (honoraires, achats, cotisations sociales, charges de fonctionnement…).
- Vous validez ou corrigez ces affectations, puis l’outil met à jour votre compta en temps réel.
Exemple concret : un freelance en marketing digital, avec 30 à 50 mouvements par mois (factures clients, abonnements SaaS, frais de coworking, charges sociales). Sans outil, il lui faudrait 2 à 3 heures par mois pour tout classer, vérifier, reporter dans un tableur. Avec Indy, une bonne partie est préclassée et il se contente de corriger les quelques erreurs et d’ajouter les justificatifs manquants.
Génération automatique des déclarations fiscales
C’est un des gros arguments d’Indy : transformer la corvée des déclarations fiscales en simple clic.
Selon votre statut, Indy permet notamment de générer :
- La 2035 pour les BNC (professions libérales).
- La liasse fiscale pour les sociétés à l’IS (EURL, SASU, etc.).
- Les déclarations de TVA (CA3 pour ceux qui sont au réel normal ou simplifié).
- Le livre des recettes pour les micro-entreprises.
Ces documents sont ensuite formatés pour être télétransmis via votre espace impots.gouv, ou directement depuis Indy pour certaines obligations.
Pour un freelance qui, chaque année, perd une demi-journée à relire des notices fiscales pour remplir sa 2035, l’automatisation est un vrai soulagement. À condition, bien sûr, que la compta derrière soit propre.
Visibilité sur la trésorerie et les charges à venir
Un autre intérêt d’Indy, souvent sous-estimé, c’est la visualisation en temps réel de :
- Votre résultat sur l’exercice (bénéfice, charges, recettes).
- Vos charges fiscales estimées (impôt, cotisations sociales, TVA à payer si applicable).
- Certains indicateurs simples : évolution du chiffre d’affaires, répartition des dépenses, etc.
Au lieu de découvrir en mai que vous devez plusieurs milliers d’euros d’impôts et de cotisations, vous pouvez anticiper et mettre de côté au fil de l’eau. Pour un freelance, c’est souvent la différence entre une trésorerie sereine et un gros stress à chaque échéance.
Interface moderne et support plutôt réactif
Indy se distingue aussi par son côté moins « usine à gaz » que certains logiciels historiques de comptabilité.
- L’interface est épurée, avec des libellés en français courant.
- On trouve facilement les fonctions essentielles : synchronisation bancaire, justificatifs, clôture de l’exercice, déclarations.
- Le support (chat, mails, documentation) répond à des questions de base du type « dans quelle catégorie mettre tel type de dépense ? ».
C’est particulièrement utile pour les freelances qui n’ont jamais mis les pieds dans un logiciel comptable traditionnel et qui bloquent sur la moindre terminologie un peu technique.
Les limites d’Indy : ce que l’outil ne fera pas (ou mal) à votre place
Indy simplifie, mais Indy ne fait pas de miracles. Selon votre situation, certaines limites sont importantes à connaître avant d’y confier toute votre gestion comptable.
Un outil très adapté aux freelances « simples », moins aux cas complexes
Indy est particulièrement compétitif pour un certain profil :
- Freelance en micro-entreprise ou BNC au réel.
- Structure unipersonnelle (pas d’associé, pas de salarié, peu ou pas d’immobilisations).
- Activité avec des flux simples et répétitifs (prestations de service, abonnements, quelques frais réguliers).
Dès qu’on sort de ce cadre, les choses se compliquent :
- Gestion multi-associés (SAS, SARL à plusieurs associés) avec conventions spécifiques.
- Présence d’immobilisations complexes (matériel lourd, amortissements, subventions, crédit-bail…).
- Montages fiscaux un peu avancés (holding, intégration fiscale, répartition de dividendes complexe, etc.).
Dans ces cas, Indy reste un bon outil de saisie et de suivi, mais ne remplace pas le travail d’un expert-comptable qui sécurise les choix fiscaux et juridiques. L’outil peut produire des liasses, mais pas arbitrer pour vous la meilleure stratégie.
Dépendance forte à la qualité de la catégorisation et des justificatifs
Le discours marketing « la compta se fait toute seule » est séduisant, mais trompeur si on le prend au pied de la lettre.
En réalité :
- La catégorisation automatique est une aide, pas une garantie. Une dépense mal classée peut fausser votre résultat ou vous faire perdre une déduction possible.
- Vous devez tout de même joindre et classer vos justificatifs (factures clients, factures fournisseurs, notes de frais…).
- En cas de contrôle fiscal, c’est à vous de justifier la cohérence de vos choix, même si c’est Indy qui a suggéré une catégorie.
Autrement dit, Indy réduit l’effort de saisie, mais n’élimine pas la responsabilité de comprendre un minimum ce que vous faites. Si vous validez tout sans regarder, vous pouvez vous retrouver avec une compta propre sur la forme, mais erronée sur le fond.
Couverture fonctionnelle inégale selon les besoins
Indy est très fort sur la compta et les déclarations, mais ce n’est pas un outil tout-en-un de gestion freelance.
Selon votre façon de travailler, certaines absences ou limites peuvent peser :
- La gestion avancée des devis/factures est plus limitée que dans des outils dédiés (pas forcément pensée pour des gros volumes ou des workflows complexes).
- Pas de véritable CRM intégré pour suivre les opportunités commerciales.
- Sur la TVA intracommunautaire ou les activités multi-pays, il faut parfois bricoler ou bien connaître les règles pour ne pas faire d’erreur.
Si vous cherchez un cockpit global pour piloter votre business (prospection, relances, pilotage budgétaire fin), Indy ne suffira pas à lui seul. Vous devrez l’intégrer dans une stack d’outils plus large (outil de facturation, CRM, outil de temps, etc.).
Le prix : moins cher qu’un cabinet, mais pas gratuit
Le modèle économique d’Indy est basé sur un abonnement, avec des tarifs qui varient selon votre statut (micro, BNC, société) et les options choisies.
À mettre en perspective :
- Par rapport à un expert-comptable classique, Indy est en général nettement moins cher, surtout pour une activité simple.
- Par rapport à un simple tableur Excel + expert-comptable ponctuel, le coût peut sembler plus élevé, mais il faut intégrer le temps gagné et la réduction du risque d’erreur.
La vraie question n’est pas « est-ce que c’est cher ? », mais « est-ce que le gain de temps et la baisse de stress justifient le coût pour votre niveau de complexité ? ».
Cas d’usage : un freelance « type » qui tire bien parti d’Indy
Pour illustrer, prenons un cas concret.
Claire est développeuse freelance en SASU, soumise à l’IS, avec TVA. Elle facture entre 6 000 et 8 000 € par mois, travaille avec 3 ou 4 clients principaux, et a des dépenses récurrentes : logiciels, coworking, matériel informatique amorti, frais de déplacement occasionnels.
Aujourd’hui :
- Indy se connecte à son compte bancaire pro et à sa carte.
- Chaque paiement Stripe ou virement client est reconnu comme recette.
- Ses abonnements (GitHub, Notion, Google Workspace) sont automatiquement classés en charges de fonctionnement.
- Son ordinateur, acheté 2 000 €, est géré comme une immobilisation avec amortissement.
- Indy lui génère ses dossiers de TVA trimestriels et sa liasse fiscale en fin d’année.
Claire gagne facilement 1 journée par mois par rapport à son ancien système Excel + expert en fin d’année. En revanche, pour des sujets comme :
- Choisir entre rémunération et dividendes.
- Arbitrer un changement de régime de TVA.
- Optimiser ses frais professionnels sans prendre de risque.
Elle consulte ponctuellement un expert-comptable ou un fiscaliste. Indy lui sert donc d’outil de base fiable, mais ne remplace pas complètement le conseil.
Comparé aux autres outils du marché : où se situe Indy ?
Le segment des logiciels pour freelances est très concurrentiel. Sans faire un comparatif exhaustif, on peut situer Indy par rapport à quelques grands types d’outils.
Face aux outils « tout-en-un freelance » (Freebe, Shine, etc.)
- Ces solutions intègrent souvent facturation, suivi de temps, relances clients et parfois un compte bancaire.
- Elles sont très adaptées aux micro-entrepreneurs et aux freelances qui veulent tout faire dans un même environnement.
- Indy, de son côté, est plus centré sur la comptabilité et les déclarations fiscales, avec une profondeur plus forte sur ces parties, surtout dès qu’on sort du cadre micro.
Face aux logiciels comptables traditionnels (Sage, Cegid, ACD, etc.)
- Ces solutions sont pensées d’abord pour les experts-comptables ou les PME, avec une granularité fine, mais une interface souvent plus complexe.
- Indy est beaucoup plus accessibles aux non-comptables, mais moins personnalisable pour des scénarios très spécifiques.
Face à Excel + expert-comptable
- C’est encore la « stack » la plus répandue chez les freelances.
- Elle fonctionne, mais au prix d’un temps de saisie manuel élevé, et d’un manque de visibilité en temps réel.
- Indy réduit très fortement la saisie manuelle et permet de piloter davantage son activité au quotidien, à condition d’accepter d’investir dans un abonnement logiciel.
Pour quels freelances Indy est-il vraiment pertinent ?
D’un point de vue opérationnel, Indy est particulièrement intéressant si :
- Vous êtes indépendant ou dirigeant solo (EURL, SASU) avec une activité plutôt linéaire.
- Vous avez peu de flux exotiques (pas de grosse activité à l’international, pas de schémas fiscaux avancés).
- Vous êtes prêt à valider votre compta régulièrement (une fois par semaine ou par mois), plutôt qu’à tout faire en urgence une fois par an.
- Vous voulez économiser sur l’expertise comptable récurrente, quitte à faire appel ponctuellement à un expert sur les sujets stratégiques.
À l’inverse, si :
- Votre activité implique plusieurs associés, des salariés, des filiales.
- Vous avez beaucoup de TVA intracommunautaire, d’import/export ou des activités dans plusieurs pays.
- Vous comptez optimiser finement votre rémunération, vos dividendes, vos montages.
Indy ne suffira probablement pas comme unique brique. Il restera un outil de production comptable, mais l’intervention régulière d’un expert-comptable restera indispensable.
Bonnes pratiques pour tirer le maximum d’Indy
Pour les freelances qui choisissent Indy, quelques réflexes permettent d’éviter les mauvaises surprises.
- Planifier un rituel comptable : 30 à 60 minutes chaque mois pour :
- Vérifier les catégories.
- Joindre les justificatifs manquants.
- Regarder les indicateurs clés (résultat, charges, TVA à venir).
- Ne pas sur-contraindre l’outil : utiliser Indy pour ce qu’il fait bien (saisie, catégorisation, déclarations), et accepter de garder des outils dédiés pour la facturation avancée ou la gestion commerciale.
- Documenter les choix atypiques : dès qu’une dépense ou une opération ne rentre pas dans les cases, noter pourquoi vous l’avez classée ainsi. En cas de contrôle, cette traçabilité peut vous sauver du temps.
- Solliciter un expert ponctuellement : une heure de conseil au bon moment (changement de statut, passage à la TVA, embauche, achat important) peut éviter des erreurs coûteuses, même si vous restez sur Indy au quotidien.
Un outil utile, à condition de rester lucide sur son rôle
Indy simplifie réellement la gestion comptable des freelances, à condition de rester dans sa zone de pertinence : une activité indépendante relativement simple, avec peu de complexité juridique et fiscale.
Il permet de :
- Réduire drastiquement le temps passé sur la saisie.
- Donner une vision claire et régulière de votre activité.
- Sécuriser les déclarations les plus courantes (2035, TVA, liasses).
En revanche, il ne dispense ni de comprendre un minimum vos obligations, ni de faire appel, quand c’est nécessaire, à un professionnel du chiffre. L’enjeu, pour un freelance, est de trouver l’équilibre : s’appuyer sur l’automatisation là où elle est fiable, sans déléguer aveuglément des choix qui engagent directement la santé financière de votre activité.














